Au départ, tout fonctionnait parfaitement. Le site internet était relativement simple : quelques pages pour présenter l’entreprise, un formulaire de contact, un thème WordPress, quelques extensions et éventuellement un constructeur de pages permettant de gérer facilement les contenus.
Puis l’entreprise a évolué, et c’est parfaitement normal. De nouveaux besoins sont apparus : ajouter une fonctionnalité, connecter un service externe, améliorer le référencement, installer un outil de statistiques, créer une nouvelle section, ajouter une réservation en ligne, modifier un formulaire ou connecter le site à un CRM.
À chaque nouveau besoin, une solution a été trouvée. Une nouvelle extension WordPress par-ci, quelques lignes de CSS par-là, un script JavaScript ajouté pour corriger un comportement, une fonction PHP développée spécifiquement, puis un nouveau plugin destiné à améliorer les performances des précédents.
Entre-temps, le site a peut-être changé de prestataire. Le développeur initial n’est plus là. Une nouvelle agence est intervenue. Un salarié a apporté quelques modifications. Un freelance a corrigé un problème urgent. Chacun a apporté ses méthodes, ses outils et ses propres solutions techniques.
Quelques années plus tard, le site fonctionne toujours.
Mais plus personne ne sait exactement pourquoi il fonctionne.
Et surtout, une phrase commence à revenir régulièrement :
« Surtout, ne touche pas à ça, sinon on risque de tout casser. »
Votre site souffre peut-être de ce que nous appellerons ici le syndrome du site Frankenstein.
Qu’est-ce qu’un site WordPress « Frankenstein » ?
Le « site Frankenstein » n’est évidemment pas une appellation technique officielle. Elle représente cependant assez bien une situation que les professionnels du web rencontrent régulièrement : un site qui s’est construit progressivement par accumulation de fonctionnalités, de technologies, de correctifs et de développements successifs, jusqu’à devenir un assemblage complexe dont personne ne possède plus réellement la vision globale.
Le phénomène est particulièrement visible avec WordPress, mais il peut évidemment concerner d’autres technologies.
WordPress possède une caractéristique qui explique en grande partie son immense succès : sa capacité d’évolution. Grâce aux thèmes, aux extensions et au développement spécifique, il est possible de transformer une installation relativement simple en site institutionnel, boutique e-commerce, plateforme de réservation, espace client ou véritable outil métier.
Cette flexibilité est une force considérable.
Mais cette même flexibilité permet également d’ajouter continuellement de nouvelles couches techniques sans nécessairement remettre en question celles qui existent déjà.
Le problème n’est donc pas que le site évolue. Un bon site professionnel doit justement pouvoir évoluer avec l’entreprise.
Le problème apparaît lorsque cette évolution n’est plus maîtrisée.
« Il doit bien exister un plugin pour ça »
C’est probablement l’une des phrases les plus représentatives de l’écosystème WordPress.
Et généralement, c’est vrai.
Besoin d’un formulaire ? Il existe de nombreuses extensions. Besoin d’une galerie, d’un système de réservation, d’une pop-up, d’un outil SEO, d’une fonctionnalité WooCommerce ou d’une connexion à un service externe ? Il existe probablement déjà une solution.
C’est l’un des principaux avantages de WordPress : il n’est pas nécessaire de réinventer systématiquement ce qui existe déjà.
Utiliser des plugins n’est donc absolument pas un problème en soi. Un excellent site WordPress peut utiliser de nombreuses extensions et rester parfaitement rapide, sécurisé et maintenable.
La difficulté apparaît lorsque chaque nouveau besoin est systématiquement traité selon la même logique :
Nouveau besoin → Nouveau plugin.
Un plugin pour ajouter une fonctionnalité. Un deuxième pour modifier légèrement son comportement. Un troisième pour compenser un problème de performance. Un quatrième pour ajouter une fonctionnalité que le premier ne proposait pas.
Progressivement, personne ne réfléchit plus à l’architecture globale du site. On résout les problèmes individuellement sans se demander comment les différentes solutions interagissent entre elles.
C’est exactement de cette manière que commence à se construire notre Frankenstein.
Non, avoir beaucoup de plugins ne signifie pas forcément avoir un mauvais site
Il faut ici éviter une idée reçue particulièrement répandue autour de WordPress : le nombre d’extensions installées n’est pas, à lui seul, un indicateur de qualité.
Un site utilisant trente extensions sérieuses, correctement configurées et régulièrement maintenues peut être techniquement bien meilleur qu’un site utilisant seulement dix extensions mal choisies.
Toutes les extensions n’ont pas le même impact. Certaines ne font presque rien sur le front-office, tandis que d’autres chargent plusieurs bibliothèques JavaScript, réalisent des requêtes en base de données ou communiquent continuellement avec des services externes.
La bonne question n’est donc pas :
« Combien de plugins avons-nous ? »
Il faut plutôt se demander pourquoi chacun d’eux est présent.
Est-il toujours utilisé ? Est-il correctement maintenu par son éditeur ? Existe-t-il plusieurs extensions réalisant pratiquement la même chose ? Est-il indispensable ? Sa fonctionnalité pourrait-elle être intégrée plus simplement ? Possède-t-il un impact important sur les performances ? Est-il compatible avec les autres composants du site ?
C’est l’ensemble de ces réponses qui permet d’évaluer la qualité de l’architecture WordPress.
Les rustines techniques : quand une correction en appelle une autre
Les extensions ne sont qu’une partie du problème.
Prenons un exemple courant. Une fonctionnalité ne s’affiche pas exactement comme prévu. On ajoute donc quelques lignes de CSS pour la corriger. Quelques mois plus tard, une mise à jour modifie son comportement. On ajoute alors une nouvelle règle CSS pour corriger la précédente.
Un problème JavaScript apparaît ensuite sur mobile. Un script supplémentaire est ajouté. Puis une fonction PHP vient modifier le comportement d’une extension. Une règle spécifique est ajoutée au serveur. Enfin, une autre extension est installée pour contourner un nouveau problème.
Chacune de ces modifications peut avoir été parfaitement légitime au moment où elle a été réalisée.
Le problème apparaît lorsque personne ne documente pourquoi elle existe.
Deux ans plus tard, un développeur découvre une règle CSS qui semble totalement inutile. Il la supprime et une fonctionnalité située trois pages plus loin cesse soudainement de fonctionner.
Il remet la règle.
Et ajoute son propre correctif.
Le site vient de gagner une nouvelle couture.
Plusieurs prestataires, plusieurs méthodes, un seul site
Un site professionnel peut rester en ligne pendant cinq, dix ou quinze ans. Il est donc parfaitement normal que plusieurs personnes interviennent dessus au cours de sa vie.
L’agence qui a conçu la première version peut ne plus accompagner l’entreprise. Un freelance peut intervenir ponctuellement. Un salarié peut gérer certains contenus. Une deuxième agence peut prendre en charge le référencement. Un développeur peut ajouter une fonctionnalité spécifique et un autre professionnel intervenir plusieurs années plus tard pour résoudre un problème urgent.
Chaque intervenant possède naturellement ses propres habitudes, ses outils préférés et sa manière de travailler.
Le nouveau prestataire doit également composer avec l’existant.
Or lorsqu’une entreprise appelle pour résoudre rapidement un problème, elle ne souhaite pas nécessairement financer trois jours d’audit avant qu’une correction soit apportée. Le professionnel intervient donc sur la partie concernée, résout le problème et repart.
Cette situation peut se répéter pendant des années.
Le site devient ainsi progressivement plus complexe sans qu’aucune personne n’ait volontairement décidé de le rendre complexe.
C’est une distinction importante : un site Frankenstein n’est pas forcément le résultat d’un mauvais travail. Il est souvent le résultat d’une succession de décisions parfaitement compréhensibles prises indépendamment les unes des autres.
Le véritable problème : la dette technique
Derrière notre expression amusante de « syndrome du site Frankenstein » se trouve en réalité une notion beaucoup plus sérieuse : la dette technique.
La dette technique représente les compromis réalisés lors du développement d’un projet et qui pourront nécessiter du travail supplémentaire à l’avenir.
Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, accepter une certaine dette technique n’est pas toujours une erreur.
Une entreprise peut avoir besoin d’une fonctionnalité rapidement. Développer une architecture parfaite pendant trois semaines n’est peut-être pas économiquement pertinent alors qu’une solution temporaire permet de répondre au besoin en quelques heures.
Le problème apparaît lorsque le temporaire devient permanent.
Puis lorsqu’une nouvelle solution temporaire est construite sur la précédente.
Comme une dette financière, la dette technique finit alors par produire des intérêts : davantage de temps nécessaire pour intervenir, davantage de risques lors des mises à jour, davantage de difficultés pour ajouter des fonctionnalités et progressivement davantage de coûts de maintenance.
Une petite économie réalisée aujourd’hui peut ainsi devenir une dépense importante plusieurs années plus tard.
Comment reconnaître un site Frankenstein ?
Un site ne devient évidemment pas un Frankenstein du jour au lendemain. La transformation est progressive et certains symptômes permettent de détecter que la dette technique commence à devenir problématique.
L’un des premiers signes apparaît lorsque personne ne sait plus à quoi servent certaines extensions. Elles restent actives uniquement parce que personne n’ose les désactiver.
Un autre symptôme fréquent concerne les mises à jour. Lorsqu’on commence à entendre « ne mets surtout pas ce plugin à jour » ou « on ne peut pas passer à la nouvelle version de PHP », cela signifie généralement qu’une partie du site dépend d’un environnement technique vieillissant.
Les performances peuvent également se dégrader progressivement. Le site n’est pas devenu lent du jour au lendemain, mais chaque nouvelle fonctionnalité a ajouté quelques scripts, quelques requêtes ou quelques ressources supplémentaires.
On peut aussi rencontrer des pages utilisant plusieurs générations de technologies différentes : certaines créées avec un ancien constructeur, d’autres avec le nouveau, quelques modèles développés spécifiquement et une page historique que personne ne sait réellement modifier.
Enfin, il existe un symptôme particulièrement révélateur : la peur de toucher au site.
Lorsqu’une modification apparemment simple nécessite de vérifier plusieurs autres fonctionnalités parce que personne ne sait exactement ce qu’elle pourrait affecter, la dette technique n’est plus seulement un problème informatique. Elle commence à ralentir directement l’entreprise.
Un site peut fonctionner parfaitement… et être techniquement en mauvais état
C’est probablement l’aspect le plus trompeur.
Le visiteur arrive sur le site. La page d’accueil s’affiche correctement. Le menu fonctionne. Le formulaire envoie bien les messages et les commandes WooCommerce passent normalement.
Pourquoi faudrait-il s’inquiéter ?
Parce que l’état technique d’un site ne se mesure pas uniquement à ce que voit l’utilisateur aujourd’hui.
Un professionnel doit également s’intéresser à sa maintenabilité.
Peut-on mettre WordPress à jour sans risque ? Les extensions sont-elles toujours maintenues ? Le site fonctionne-t-il sur une version récente de PHP ? Les sauvegardes sont-elles fiables ? Les développements spécifiques sont-ils documentés ? Les accès sont-ils correctement maîtrisés ? Une nouvelle fonctionnalité peut-elle être ajoutée sans devoir reconstruire une partie du site ?
Un site peut donc parfaitement fonctionner en apparence tout en étant devenu extrêmement fragile.
C’est un peu comme une vieille voiture qui roule encore très bien mais dont certaines pièces ne sont plus disponibles et sur laquelle le mécanicien vous explique qu’il vaut mieux ne plus toucher à certains éléments.
Elle roule.
Mais chaque panne potentielle devient plus inquiétante.
Les performances : ajouter une extension pour réparer les extensions
La performance constitue souvent l’une des premières victimes de l’accumulation technique.
Chaque extension peut ajouter ses propres fichiers CSS, scripts JavaScript, requêtes en base de données, appels API ou ressources externes. Les thèmes et constructeurs peuvent également charger leurs propres composants.
Individuellement, chacun de ces éléments peut avoir un impact limité.
Mais après plusieurs années d’accumulation, le navigateur peut se retrouver à charger une quantité importante de ressources dont certaines ne sont même plus réellement nécessaires.
L’entreprise constate alors que le site est lent et cherche naturellement une solution.
Elle installe un plugin de cache.
Puis un plugin d’optimisation.
Puis un autre pour différer certains scripts.
Et l’on arrive parfois à une situation assez paradoxale : on ajoute de nouvelles couches techniques pour tenter de compenser les conséquences des couches techniques déjà accumulées.
Ces outils d’optimisation peuvent être excellents et parfaitement justifiés. Mais ils ne doivent pas empêcher de rechercher la cause réelle du problème.
Optimiser sérieusement un site WordPress consiste parfois moins à ajouter qu’à supprimer, simplifier et restructurer.
Le syndrome Frankenstein peut aussi affecter le référencement naturel
L’accumulation technique ne concerne pas uniquement les performances.
Au fil des années, un site peut avoir connu plusieurs structures d’URLs, différentes stratégies éditoriales, plusieurs plugins SEO, des suppressions de pages, des changements de catégories ou plusieurs refontes partielles.
On finit alors par retrouver des redirections successives, des pages orphelines, des contenus obsolètes, des erreurs 404, des pages quasiment identiques ou une architecture qui ne correspond plus réellement à l’activité actuelle de l’entreprise.
Ces problèmes peuvent avoir un impact direct sur le référencement naturel.
Mais il existe également un danger au moment où l’entreprise décide enfin de résoudre le problème.
Face à un site devenu trop complexe, la tentation est grande de dire :
« On supprime tout et on recommence proprement. »
Techniquement, cela peut parfois être la meilleure solution.
Pour le référencement, cela peut devenir catastrophique si la migration est mal préparée.
Certaines pages historiques peuvent être très bien positionnées sur Google. D’autres peuvent recevoir des liens externes de qualité. Certaines URLs peuvent générer des prospects depuis plusieurs années.
Une refonte sérieuse doit donc commencer par identifier ce qui possède déjà de la valeur.
Nettoyer Frankenstein ne signifie pas forcément tuer le monstre.
Il faut parfois simplement lui retirer les mauvaises pièces.
La sécurité : les vieilles pièces sont souvent les plus inquiétantes
La sécurité constitue une autre raison importante de surveiller l’évolution technique d’un site WordPress.
Une extension qui n’est plus maintenue peut contenir une vulnérabilité connue. Un ancien compte administrateur peut toujours exister alors que la personne a quitté l’entreprise depuis plusieurs années. Un thème abandonné peut bloquer certaines mises à jour. Une version obsolète de PHP peut être conservée uniquement parce qu’une ancienne fonctionnalité n’est plus compatible avec les versions récentes.
À cela s’ajoutent parfois des accès FTP oubliés, des clés API historiques, des services externes qui ne sont plus utilisés ou des sauvegardes dont personne n’a jamais vérifié qu’elles pouvaient réellement être restaurées.
Plus l’environnement est complexe, plus il devient difficile de savoir exactement ce qu’il faut surveiller et maintenir.
Un bon entretien WordPress ne consiste donc pas simplement à cliquer sur « Mettre à jour » une fois par mois.
Il nécessite de comprendre l’écosystème du site.
« On ne touche plus à rien puisque ça fonctionne » n’est pas une stratégie
Lorsqu’un site devient fragile, une réaction assez naturelle consiste à décider de ne plus rien modifier.
Puisqu’il fonctionne aujourd’hui, pourquoi prendre le risque ?
Cette stratégie peut sembler rassurante à court terme, mais elle comporte un problème majeur : le reste du web continue d’évoluer.
WordPress évolue. PHP évolue. Les navigateurs évoluent. Les standards de sécurité évoluent. Les API utilisées par le site évoluent. WooCommerce évolue. Les services de paiement évoluent. Les règles liées aux données personnelles évoluent.
Un site qui ne peut plus être mis à jour n’est donc pas réellement stable.
Il est simplement figé dans un environnement qui, lui, continue d’avancer.
Plus on attend, plus l’écart technique augmente et plus la future intervention risque de devenir complexe.
Faut-il obligatoirement refaire entièrement un site Frankenstein ?
Non.
Et c’est probablement l’un des points les plus importants de cet article.
Un site complexe n’a pas automatiquement besoin d’une refonte complète.
Dans certaines situations, repartir sur une nouvelle base technique sera effectivement plus économique et plus fiable que d’essayer de réparer continuellement l’existant.
Dans d’autres, le site possède une architecture globalement saine et nécessite simplement un travail de nettoyage, de mise à jour et d’optimisation.
Il existe également une troisième possibilité : moderniser progressivement.
On peut par exemple nettoyer les extensions, mettre à niveau l’environnement serveur, remplacer certaines fonctionnalités obsolètes, améliorer les performances puis travailler progressivement sur les différentes parties du site.
La bonne décision ne peut être prise qu’après avoir compris l’existant.
C’est pourquoi la première étape devrait être un audit.
Auditer avant de démonter
Avant de supprimer quoi que ce soit, il faut établir une véritable cartographie du site.
Quelle version de WordPress est utilisée ? Quel thème ? Quel constructeur de pages ? Quelle version de PHP ? Quelles extensions sont actives ? Existe-t-il des développements spécifiques ? Où se trouvent-ils ? Quelles API sont utilisées ? Quels services externes sont connectés ? Quelles automatisations dépendent du site ? Quel système de sauvegarde est en place ?
L’analyse doit également dépasser la technique.
Quelles pages génèrent du trafic depuis Google ? Quelles pages génèrent des contacts ? Quelles fonctionnalités sont réellement utilisées par les équipes ? Quelles données doivent impérativement être conservées ? Quels outils sont essentiels au fonctionnement de l’entreprise ?
Cette étape est fondamentale.
Il faut comprendre le monstre avant de commencer à le démonter.
Classer chaque composant : conserver, remplacer, supprimer
Une fois l’environnement compris, chaque élément peut être évalué.
Certains composants sont indispensables et parfaitement adaptés : il faut les conserver.
D’autres fonctionnent mais pourraient être remplacés par des solutions plus modernes ou mieux maintenues.
Certains font doublon avec d’autres fonctionnalités.
D’autres ont été installés pour répondre à un besoin qui n’existe tout simplement plus.
Cette analyse permet parfois de découvrir des choses assez étonnantes : une extension installée pour une campagne terminée depuis quatre ans, un script lié à un service dont l’abonnement a été résilié ou une fonctionnalité que personne dans l’entreprise ne savait encore présente.
Le nettoyage devient alors possible sans agir aveuglément.
Simplifier ne signifie pas supprimer tous les plugins
L’objectif d’une optimisation n’est pas de pouvoir annoncer fièrement :
« Nous sommes passés de 32 plugins à 8. »
Si les huit restants obligent à recréer manuellement des fonctionnalités parfaitement gérées auparavant, le résultat n’est pas forcément meilleur.
L’objectif est plutôt de construire l’architecture la plus simple, fiable et maintenable possible pour répondre aux besoins réels du site.
Parfois, un plugin reconnu et régulièrement maintenu constitue la meilleure solution.
Dans d’autres situations, un développement spécifique relativement simple évitera d’installer plusieurs extensions.
Il n’existe pas de règle universelle.
C’est précisément pour cela que l’expertise technique reste importante : le bon choix dépend du contexte.
Documenter pour éviter le prochain Frankenstein
Une fois le site nettoyé ou refondu, une étape devrait devenir beaucoup plus systématique : la documentation.
Pourquoi cette extension est-elle installée ? Pourquoi ce développement spécifique existe-t-il ? Quelle API est utilisée ? Où se trouvent les sauvegardes ? Quelles licences doivent être renouvelées ? Quels services externes sont indispensables ? Existe-t-il une procédure particulière avant certaines mises à jour ?
Il n’est pas nécessaire de produire 300 pages de documentation technique pour un site vitrine.
Quelques informations correctement structurées peuvent déjà faire une énorme différence.
Le futur prestataire pourra comprendre plus rapidement l’environnement et surtout éviter de supprimer quelque chose dont l’utilité n’était simplement pas visible.
Parce qu’il faut garder une chose en tête :
un site parfaitement propre aujourd’hui peut devenir le Frankenstein de demain si son évolution n’est pas maîtrisée.
L’intelligence artificielle pourrait créer une nouvelle génération de sites Frankenstein
L’arrivée de l’intelligence artificielle ajoute une dimension particulièrement intéressante à ce problème.
Aujourd’hui, il devient extrêmement facile de demander à une IA de générer quelques lignes de CSS, une fonction PHP, un script JavaScript ou même une extension WordPress complète.
Pour un professionnel, c’est un outil formidable qui permet d’accélérer certaines phases de développement.
Pour quelqu’un qui ne maîtrise pas l’environnement technique, cela peut aussi encourager une nouvelle forme de bricolage.
Imaginez la situation.
Un problème apparaît. On demande à ChatGPT de générer une fonction. On copie le code et cela fonctionne.
Six mois plus tard, la fonction provoque un conflit. On donne le code à une autre IA et on lui demande de le corriger. Elle ajoute une nouvelle logique.
Quelques mois passent et un troisième correctif vient compléter les deux premiers.
Individuellement, chaque morceau de code peut être parfaitement valable.
Mais la question reste exactement la même :
qui comprend l’ensemble ?
L’intelligence artificielle ne crée donc pas automatiquement de dette technique. Utilisée correctement, elle peut au contraire aider à analyser, documenter et améliorer du code.
Mais elle augmente considérablement la vitesse à laquelle il devient possible d’ajouter de nouvelles choses.
Et lorsque l’on peut ajouter plus rapidement, il devient encore plus important de savoir quand il ne faut pas ajouter.
WordPress n’est pas responsable du monstre
Face à ce type de situation, on entend parfois :
« WordPress, ça finit toujours en usine à gaz. »
Ce n’est pas vraiment juste.
WordPress est un outil extrêmement flexible. Il peut permettre de construire un site simple, performant et parfaitement maintenable, comme une plateforme beaucoup plus complexe intégrant de nombreux services.
Cette flexibilité permet évidemment de faire de mauvais choix.
Mais le problème ne vient pas fondamentalement de WordPress.
Il ne vient pas non plus nécessairement du développeur précédent, du plugin utilisé cinq ans auparavant ou de la personne ayant ajouté un correctif dans l’urgence.
Le problème vient souvent de l’accumulation de décisions prises sans réévaluation globale de l’architecture.
Une solution qui était parfaitement pertinente en 2021 ne l’est peut-être plus en 2026.
Maintenir un site professionnel consiste donc également à savoir régulièrement remettre en question certains choix historiques.
Un site internet n’est jamais réellement terminé
C’est finalement l’une des idées centrales.
Une entreprise évolue continuellement. Ses services changent, son positionnement évolue, ses clients ont de nouvelles attentes, de nouveaux outils apparaissent et de nouveaux besoins émergent.
Son site internet doit donc pouvoir évoluer avec elle.
Le problème n’est pas d’ajouter des fonctionnalités.
Le problème est d’empiler les fonctionnalités sans jamais prendre le temps de vérifier si l’ensemble reste cohérent.
Une bonne architecture web ne doit pas empêcher le changement.
Elle doit au contraire permettre au site d’évoluer sans devenir progressivement impossible à maintenir.
Chez LudiKreation : réparer Frankenstein… mais surtout éviter de le créer
Chez LudiKreation, nous intervenons aussi bien sur la création de nouveaux sites que sur la reprise de sites WordPress existants ayant parfois connu plusieurs années d’évolutions et plusieurs prestataires.
Dans ce type de projet, la première étape n’est pas forcément de proposer immédiatement une refonte.
Il faut comprendre.
Analyser l’environnement technique, les extensions, les développements spécifiques, les performances, le référencement, les besoins actuels de l’entreprise et les évolutions envisagées.
Selon les résultats, plusieurs solutions peuvent être envisagées : nettoyage, optimisation, sécurisation, mise à niveau technique, remplacement de certaines fonctionnalités, développement spécifique, migration ou refonte complète.
La meilleure solution n’est pas forcément la plus spectaculaire.
Parfois, quelques interventions ciblées permettent de prolonger considérablement la durée de vie d’un site.
Dans d’autres cas, continuer à réparer coûte progressivement plus cher que repartir sur une architecture moderne.
Le rôle d’un professionnel est justement de savoir faire cette distinction.
Votre site WordPress commence-t-il à devenir un Frankenstein ?
Si votre site existe depuis plusieurs années, qu’il a connu de nombreuses évolutions ou que plusieurs prestataires sont intervenus dessus, il n’est pas nécessaire d’attendre qu’un problème majeur apparaisse pour s’intéresser à son état technique.
Si personne ne sait exactement à quoi servent certaines extensions, si les mises à jour deviennent inquiétantes, si le site ralentit progressivement, si certaines fonctionnalités ne peuvent plus évoluer ou si une simple modification nécessite désormais beaucoup de précautions, un audit peut permettre d’y voir beaucoup plus clair.
L’objectif n’est pas forcément de tout refaire.
Il est d’abord de savoir ce qui doit être conservé, ce qui peut être amélioré, ce qui doit être remplacé et ce qui devrait simplement disparaître.
Parce qu’un site internet professionnel doit pouvoir accompagner l’évolution d’une entreprise.
Il ne devrait jamais devenir un monstre dont elle a peur.
Votre site est devenu difficile à maintenir ou à faire évoluer ?
Avant d’ajouter une nouvelle extension ou d’envisager une refonte complète, LudiKreation peut réaliser un état des lieux de votre environnement WordPress et identifier les pistes d’amélioration pertinentes : architecture, extensions, performances, sécurité, SEO et évolutivité.
Parfois, la meilleure manière d’améliorer un site n’est pas d’ajouter quelque chose. C’est de commencer par comprendre tout ce qui s’y trouve déjà.
